RÉVOLUTIONS
COLORÉES          

 
LE GHETTO 
EXPÉRIMENTAL

SERBE

Les révolutions
(libérales)
reprennent des couleurs

 

      L'actualité de "convergence des luttes" nous a livré ces derniers jours les témoignages convergents de deux camarades : Alain Jejcic et Brian Berletic, bien informés, du fait de leur origine commune, de la chose "ex-yougoslave", en rapport avec les très récentes élections en Serbie (ex-Yougoslavie).

Élections législatives en Serbie, 25 octobre 2026

Les nouvelles qui nous viennent de Serbie sont mauvaises. La révolution de couleurs, enclenchée il y a presque deux ans jour pour jour, a eu le dessus. Le président Vučić et le Parti progressiste serbe (SNS) ont été battus lors des élections législatives d'hier, dimanche 25 octobre. En effet, la liste estudiantine (intitulé étonnant qui donne la mesure du caractère exceptionnel du scrutin), émanation du mouvement de protestation né de la catastrophe de Novi Sad du 1 novembre 2024 (effondrement de l'auvent de la gare de chemin de fer de Novi Sad entrainant la mort de 14 personnes), a recueilli plus de 54% de voix alors que la Serbie unie (autour du SNS) sous la conduite d'Aleksandar Vučić n'a obtenu que 39% de voix. La victoire estudiantine, en réalité celle des professeurs d'université (en particulier de Novi Sad) et des agents pro-occidentaux tels que natasa kandic et autre Sonja Biserko, fait présager des changements politiques considérables en particulier et surtout dans le domaine de politique étrangère.

Un gouvernement répressif sanctionné ?

Dans son discours, le porte-parole du mouvement estudiantin, le professeur, l'académicien Radomir Saičić, prétend que la victoire est celle du courage du peuple serbe qui n'a pas fléchi devant la terreur du gouvernement. De la sorte, par une singulier retournement qui donne la mesure du cynisme de ceux qui dirigent le mouvement estudiantin, le professeur Saičić attribue la responsabilité des exactions sans nombre perpétrées sur tout le territoire de la Serbie par les étudiants et leurs soutiens tout au long des deux années précédant le scrutin (depuis l’effondrement de l’auvent) au seul gouvernement. Or à l’évidence, et tout observateur un tant soit peu honnête et impartial de la Serbie sait à quoi s'en tenir sur la responsabilité du gouvernement du pays, l’académicien ment sur l’origine, sur les causes du retournement électoral du 25 octobre.

La responsabilité du gouvernement dans la formation du « nouveau bloc dirigeant ».

Si la responsabilité du gouvernement ne saurait être niée, d’une certaine manière les résultats des élections sont là pour le confirmer, en revanche elle ne saurait être attribuée à la brutalité de sa conduite face au mouvement, Bien au contraire. soumis à la pression des instances européennes autant qu’à l’action directe de certains gouvernements, en particulier celui de l’Allemagne fédérale, de la Croatie voisine, confronté à la menace de sanctions pour ne pas avoir sanctionné la Russie les marges de manœuvre du gouvernement serbe par rapport au mouvement de contestation était très limitées. Du coup, en se cantonnant à ce qu'on pourrait qualifier d'une politique atermoiement, c'est-à-dire en se refusant délibérément à ne pas réprimer les fauteurs de troubles, et, en particulier, en ne sanctionnant pas les personnels enseignants des universités, le gouvernement a sans aucun doute contribué à créer les conditions de sa défaite électorale. Il a permis que se forme autour des étudiants et leurs assemblées générales (les plénums), pétries d'ambitions autogestionnaires, de démocratie directe, en tous points comparables à ce que la France a connu en 1968, un vaste rassemblement comprenant outre le personnel enseignant lié par moult accords de collaborations aux centres de pouvoir occidentaux mais aussi des représentants patentés de la globalisation néolibérale.

Un étrange attelage s’est donc constitué, il donne la mesure de la sophistication, de l’efficacité de l’ingénieure sociale mise en œuvre mais aussi et surtout il témoigne de l’ampleur des financements en provenance de l’étranger sans lesquels le mouvement n’aurait tout simplement pas pu subsister longtemps après le fatidique accident, son moment initial. Belle réussite que le succès électoral de la liste estudiantine, soutenue par un assemblage improbable, regroupement ad hoc d’individus appartenant à l’ensemble du spectre politique du pays. Aussi, contrairement à ce qu’on pourrait penser ; la liste estudiantine ne compte dans ses rangs aucun étudiant mais presque exclusivement des enseignants avec une majorité de professeurs d’université. En fait, la liste estudiantine n’est pas représentative du mouvement des étudiants, elle en est l’émanation en ce sens que les étudiants ont désigné leur représentants, choisis comme de bien entendu presque exclusivement parmi les enseignants. Seul Dejan Bodiroga, ancienne gloire du basket yougoslave, et quelques agriculteurs dérogent à règle, ils sont là pour donner à la liste un semblant de représentativité. La liste estudiantine est donc, du moins en partie, une tromperie. Elle est estudiantine au second degré, pourrait-on dire. Voulant promouvoir la démocratie directe, le mouvement des étudiants serbes a choisi de s’en remettre à ses maîtres !

Des pronostics erronés ou des défaillances plus graves ?

La victoire électorale de la liste estudiantine obtenue au terme d'un scrutin, qui s’est imposé aux électeurs serbes sous la forme d'un référendum pour ou contre Aleksandar Vučić, a surpris. Peu en effet la prévoyait à l’instar du groupe d’observateurs politiques proche de la liste Serbie unie, réuni lors de la célèbre émission Čilirica animée par le non moins connu Milomir Marić quelques jours auparavant. A l’unissons, Dragoslav Bokan, Dejan Čirjaković, Nebojša Krstić considéraient que l’élection à venir allait confirmer les élections législatifs partielles récentes, toutes remportées, sans exception, par les Parti progressiste serbe. C’était un avis très largement partagé à l’exception peut-être d’Ivica Dačić, ministre de l’intérieur et président du Parti socialiste serbe (SPS), qui a refusé de se joindre à coalition préférant concourir avec sa propre liste. Mal lui en a pris puisque à l’issu de scrutin du 25 octobre le SPS ne sera plus représenté au Parlement alors qu’il disposait de 12 sièges jusqu’alors. Sa conduite était-elle fondée sur son pressentiment des changements à venir qui offriraient au SPS la possibilité d’entrer dans un gouvernement de coalition y compris avec la liste estudiantine ? La question demeure sans réponse quand bien même le passé de politicien rusé de Dačić accréditerait l’hypothèse d’un retournement du président du SPS. Cependant, si dans les partis politique et dans les cercles avertis les résultats des élections à venir, pour autant qu’on le sache, n’étaient guerre problématiques il se pourrait, qu’en revanche, les instituts de sondage en particulier IPSOS savaient bien à quoi s’en tenir ? La encore la réponse apparaît problématique puisque 2 jours avant le scrutin IPSOS créditait la Serbie unie de 47.4 % (45.3-49.5) et la Liste des étudiants de 40 % (37.9-42-1), la victoire revenant par conséquent à la Série unie. Les prévisions étaient grossièrement erronées ! Pourtant immédiatement après le scrutin, le même IPSOS donnaient les résultats dans l’heure avec une parfaite précision montrant de la sorte que son modèle statistique des élections serbes fonctionnait bien. Comment dès lors comprendre l’erreur de pronostic ? Faut-il conclure que tout le monde, y compris IPSOS, s’était trompé sur les prévisions des élections du 25 octobre et que la large victoire des étudiants a été une surprise à laquelle personne ne s’attendait sauf peut-être Ivica Dačić ? En tout état de cause, il semble qu’il faille retenir l’énormité de l’erreur de prévision d’IPSOS ; la liste estudiantine remporte finalement 53.02 % des suffrages exprimés alors l’agence de sondage lui attribuait deux jours avant le scrutin 40 %, la Serbie unie 38.97 % contre 47.4 % prévus. Ce sont des chiffres qui font rêver et qu’il convient de retenir. En cédant au complotisme on se demanderait s’il n’y a pas là quelques anguilles sous roche !

Aux origines de la défaite du Parti progressiste serbe.

Quand, hier soir à 21 heures 30, le président Vučić a annonça la nouvelle de la victoire de la liste estudiantine, une foule était déjà rassemblée sur la place de la République à Belgrade dans l’attente des résultats. Le dictateur est tombé, la tyrannie est mise à bas se sont alors mis à scander les manifestants. Ainsi, à leur manière, donnaient-ils une interprétation de l’événement, ils en révélaient le sens profond et montraient le mécanisme foncier à l’œuvre, c’est-à-dire la diabolisation. A l’instar de son prédécesseur Slobodan Milošević, Aleksandar Vučić a été l’objet de ce procédé inventé outre-Atlantique visant à revêtir d’opprobre un responsable politique pour ensuite le destituer voire même le liquider et finalement obtenir l’alignement politique du pays.

Cela étant, on ne saurait acquiescer aux explications de Miloš Vučević, ancien premier ministre, prétendant que tout n’est que mensonges appelés à se dissiper rapidement, pas plus tard que dans six mois selon lui. Alors, mettant de côté la surprise, l’acrimonie provoquée par ce résultat inattendu, il convient de se demander pourquoi une majorité de Serbes s’est détournée du Parti progressiste serbe et surtout de son président, Aleksandar Vučić ?

De nombreux facteurs peuvent être évoqués pour expliquer le retournement de l’électorat serbe. Mais, au préalable, il faut bien distinguer ce qui ressort de la géopolitique de ce qui est relatif à la politique interne de la Serbie.

Les enjeux géopolitiques soustraits à l’attention du public.

Le premier point est essentiel, il concerne les relations de la Serbie avec la Russie, la Chine et la question du Kosovo qui conditionne les rapports de Serbie à l’UE, à l’OTAN et aux États-Unis (plus précisément l’état profond américain). Objectifs décisifs aux yeux des grands acteurs internationaux, ils ne sont quasiment pas abordés devant le public serbe dont on sait qu’il approuve à 80 % l’opération spéciale de l’armée russe en Ukraine tout en refusant majoritairement l’adhésion à l’UE sans parler de l’OTAN que personne n’ose évoquer. Il y a ici une contradiction dont on ne voit pas comment le gouvernement issu du mouvement des étudiants-bloqueurs va résoudre. Probablement, étant donné que le personnel politique du mouvement estudiantin est composé majoritairement d’enseignants universitaires sans expérience la conduite des affaires sera dévolue à des consultants qui sont d’ailleurs d’ores et déjà présents sur place, employés des multiples O.N.G. actives en Serbie depuis la révolution du 5 octobre 2000. Ces derniers, adossées aux think tank états-unis et autres, connaissant la feuille de route, sauront comment procéder. Peut-être qu’Ilija Srdanović, cardiologue, professeur d’université à Novi Sad à l’instar du déjà nommé Radomir Saičić, tête de liste des étudiants, nous donne quelques indications dans sa déclaration à la presse aujourd’hui quand il avance que « le nouveau gouvernement s'efforcerait de transformer les relations de la Serbie avec ses voisins ». Ses voisins, c’est-à-dire la Bosnie, la Croatie, l’Albanie, autant d’états foncièrement hostiles à la Serbie ! Comment va-t-on procéder ? La voie est étroite, périlleuse, sur place en Serbie comme à Moscou où Maria Zakharova n’a pas tardé de faire part de «  l'attente de la Russie que la nouvelle direction serbe, après la formation des organes gouvernementaux, préserve les fondements des relations existantes et continue de développer la coopération politique, économique, culturelle, historique et humanitaire avec la Russie ».

Les enjeux de politique interne obérés par la diabolisation du président Vučić.

Concernant la politique interne, là où finalement tout s’est joué lors du scrutin comme l’affirment d’ailleurs les manifestants belgradois, tout tourne autour du président lui-même, Aleksandar Vučić. C’est lui en effet, tyran, dictateur, objet de tous les ressentiments qui a été battu. On se demande cependant comment une majorité de Serbes en est venue à rejeter, et le mot n’est pas trop fort, son président, élu dès le premier tour quatre ans plus tôt, en 2022 ? A l’origine de ce rejet, sans aucun doute le point d’Archimede du succès de l’action des étudiants-bloqueurs, est l’image détestable confectionnée au fil des ans par les médias anti-gouvernementaux – hégémoniques, quoi qu’on en dise ici en France - aidés dans leur action par la multitude d’O.N.G. actives en Serbie. Assurément le président Vučić a facilité l’action des étudiants-bloqueurs en laissant l’espace public à la merci de ces derniers qui avaient en quelque sorte les mains libres pour se livrer aux exactions sans nombre qui ont accompagné leurs actions. Par ailleurs prêtait-il le flan aux accusations médiatiques par son omniprésence sur la scène publique, peut-être par son autoritarisme et également, chose très surprenante, par sa personnalité maladroite où affleurait parfois la niaiserie du paysan serbe telle que le dessinaient les médias pro-occidentaux hégémoniques. Enfin, il importe de mentionner les attaques verbales d’une incroyables violence, notamment des menaces de mort, régulièrement proférées à son encontre et à l’encontre des membres de sa famille (sa mère a été agressée dans un supermarché le jour des élections) sur la place publique, ne recevant aucune sanction pénale ; Elles ont sans aucun doute contribuer à détériorer encore davantage son image. Présenté comme dictateur, abaissé dans son statut de simple citoyen serbe, Aleksandar Vučić et à sa suite le gouvernement qu’il dirigeait avait beau mettre en avant les réussites économiques incontestables (le taux de croissance de la Serbie est de 3.8 % alors que la France avoisine les 0.5%), ils ne parvenaient pas convaincre leurs concitoyens du bienfondé de leur conduite de même qu’ils n’arrivaient pas à instaurer les conditions d’un débat politique serein.

La formation d’un bloc dirigeant new age.

Toutefois, au-delà du président Aleksandar Vučić, promu pour les besoins de la cause tête de turc avec une efficacité extraordinaire, il semble qu’il faille chercher plus à fond les raisons du retournent serbe, c’est-à-dire dans les idées, dans l’idéologie accompagnant le mouvement des étudiants-bloqueurs pour se manifester comme une ambiance, quelque chose qui va de soi. Or là, il faut distinguer deux intervenants comme il a été noté plus haut, les étudiants et les professeurs. Chacun étant doté, porteur de son idéologie propre, l’assemblage qui en résulte, à savoir le bloc dirigeant selon la célèbre définition, est la juxtaposition des deux, juxtaposition et non pas synthèse. Le mouvement étudiant, selon les explications couramment mises en avant est la spontanéité en acte, le mouvement émergeant de lui-même, spontanément, sans intervention d'acteurs politiques. Il a un donc un caractère foncièrement non-idéologique, les étudiants ne sont pas des politiciens, ils n'appartiennent ni à la gauche ni à la droite, ils sont affranchis de toute division idéologique et politique. Mais, les étudiants, en revanche, sont instruits : ce ne sont pas seulement des jeunes, mais des jeunes qui pensent. L'alliance de l'innocence et de l'instruction produit ainsi une figure dotée de bon sens à l’état pur. Ainsi l'étudiant ne parle pas au nom d'une idéologie, il exprimer ce que toute personne saine d'esprit et raisonnable sait déjà. Cela faisant, le mouvement étudiant fait ainsi place nette, déblaie le terrain pour une idéologie clairement définie s’exprimant à haute voix. Aussi on serait tenté de voir dans la violence des diatribes adressées au président Vucic durant les deux dernières années, notamment dans les menaces de mort dont il a été l’objet, l’expression passablement extrémiste, un tantinet raciste, de cette idéologie mainstream. Selon ces conceptions, le gouvernent serbe est une « mafia », le « primitivisme » en acte, l’ « incompétence » caractérisée, la « corruption » en marche, bref une « anomalie ». Il n’est donc pas combattu par une autre politique, mais au nom de la normalité elle-même. Ici il importe peut-être de citer Dušan Spasojević, professeur de sciences politique à l’université de Belgrade, déclarant « c’était la dernière chance pour que notre société parvienne à se soigner, à punir les coupables et que nous commencions à vivre comme des gens normaux ». Ainsi, aux yeux même d’un spécialiste, la politique semble disparaître. Il ne reste plus que la lutte de la civilisation contre sa négation, le primitivisme pour ne pas dire la barbarie. De la sorte, la politique de la « normalité » des professeurs d’université serbe rejoint-elle, et pour cause, la conception que l’Occident collectif se fait de lui-même en tant que civilisation : elle en représente l’incarnation concrète dans le cadre de la Serbie. En ce sens, la politique de la « Serbie normale » représente un prolongement, un avatar local, de la politique néocoloniale de l’Occident collectif .

« Breakthrough elections »

Terre d’origine des révolutions de couleurs, la Serbie, en proie à un mouvement de contestation estudiantin depuis bientôt deux ans, vient de renouer avec la tradition en mettant bas le gouvernement du pays lors du scrutin législatif de dimanche dernier . L’événement suscite une attention autant de la part des responsables que des observateurs politiques à l’ouest comme à l’est. En effet, petit pays balkanique, par l’originalité de sa position de neutralité à l’égard de la guerre en Ukraine, seul pays européen à n’avoir pas rompu les relations avec la Russie, la Serbie constitue un facteur important de la confrontation en cours ajoutant de la sorte un poids supplémentaire aux événements qui s’y déroulent. Megdan, comme disent les Serbes en employant ce mot turc désignent le champ de bataille, la Serbie est donc également le laboratoire où se mettent en place les moyens de « la guerre hybride » à laquelle ressort indubitablement le mouvement estudiantin dont la victoire électorale marque un moment important. « Breakthrough elections » dirait sans aucun doute Michael Mc Faul, ancien ambassadeur US à Moscou, présentement professeur à Stanford, pour caractériser l’événement.

Les principales caractériques de la révolution du couleur du 25 octobre 2026.

En résume on dira, qu’en renouant avec la tradition, la Serbie est, en cet automne 2026, à nouveau l’objet d’une révolution de couleurs. Par rapport à la précédente d’octobre 2000, la nouvelle révolution présente des éléments novateurs, inédits. En premier lieu il y a la radicalité tant dans l’action des étudiants-bloqueurs, fers de lance de la révolution, que dans le discours de ceux qui accompagnent le mouvement, à savoir principalement des enseignants des universités et les médias pro-occidentaux hégémoniques en Serbie quoi qu‘on en dise. L’action s’est traduite par des blocages d’autoroutes, de voies ferrées, par des attaques de postes de police, des permanences de partis politiques et surtout par l’interruption, le blocage là aussi, des cours à l’université durant des périodes plus ou moins longues. Aucune action des étudias-bloqueurs n’a jamais été sanctionnés par la justice. Le discours, inspiré du haut des chaires universitaires, n’a pas hésité à recourir au racisme le plus vulgaire contribuant à créer un climat incompatible avec un débat politique serein, disqualifiant par avance tout contradicteur affecté de primitivisme voire de défaillance mentale. Par ailleurs, et c’est peut-être l’essentiel, contrairement au 5 octobre, il y a la présence sur place et non pas à l’extérieure du pays comme c’était le cas alors d’une myriade d’ONG stipendiées par toutes sortes d’agences US et autres, voire d’ambassades de pays occidentaux. La Serbe était, à la veille du scrutin, formellement gouvernée par le Parti progressiste serbe avec Aleksandar Vučić à sa tête, mais en réalité, et dans une grande mesure, elle était un pays occupé, aux mains des ONG. De la sorte, le scrutin du 25 octobre apparaît comme une simple remise de pendules à l’heure, rappel brutal du réel. Le mouvement, ipso facto directement sous la conduite d’agents étrangers, n’ayant nul besoin de politiciens d’opposition qui ont d’ailleurs été promptement renvoyés à leurs magouilles, en appel aux professeurs qui feront bien l’affaire aussi novices et ignorant de la chose politique soient-ils.

Cependant, si les objectifs sont claires, à savoir la rupture des relations avec la Russie et l’adhésion à l’UE au prix du renoncement à la souveraineté sur le Kosovo, la tâche dévolue aux professeurs (en cardiologie, chimie et autres) apparaît ardue tant la Serbie est rétive à rompre avec les frères russes qu’à abandonner la terre sainte du Kosovo et de la Métochie. Gageons des temps difficiles pour les ONG présentes en Serbie et leurs affidés, à la tête du prochain gouvernement du pays, dans la mise en œuvre de la feuille de route made in USA&UE.

Une conclusion.

Une fois encore la vaillante petite Serbie innove. Avec la révolution du 5 octobre 2000, elle avait inauguré le vaste mouvement des révolutions de couleurs. Avec celle 25 octobre 2026, elle franchi un pas supplémentaire, elle radicalise la démarche pour se doter d’un gouvernement formé par des organisations non-gouvernementales.

Alain Jejcic le 27 octobre 2026

Tag(s) : #Alain Jejcic, #Serbie, #Yougoslavie, #Convergence des luttes, #Révolutions colorées, #Brian Berletic
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