Première conférence débat
d'éducation populaire marxiste ,
à l'usage des rationalistes


avec Françoise Monnoyeur

autour de son livre de thèse :

 

 

 

Principes de Philosophie

["de quoi la substance est-elle le nom"
du nom de substance...]

 

 

 

52.
Qu’il peut être attribué à l’âme [l'esprit] et au corps en même sens ;
et comment on connaît la substance.

Et la notion que nous avons ainsi
de la substance créée se rapporte en même façon à toutes,
c’est-à-dire à celles qui sont immatérielles
comme à celles qui sont matérielles ou corporelles ;
car il faut seulement,
pour entendre que ce sont des substances,
que nous apercevions qu’elles peuvent exister
sans l’aide d’aucune chose créée.

Mais lorsqu’il est question de savoir
si quelqu’une de ces substances existe véritablement,
c’est-à-dire si elle est à présent dans le monde,
ce n’est pas assez qu’elle existe en cette façon
pour faire que nous l’apercevions :
car cela seul ne nous découvre rien qui excite
quelque connaissance particulière en notre pensée ;
il faut outre cela qu’elle ait quelques attributs
que nous puissions remarquer ;
et il n’y en a aucun qui ne suffise pour cet effet,
à cause que l’une de nos notions communes
est que le néant ne peut avoir aucuns attributs,
ni propriétés ou qualités :
c’est pourquoi,
lorsqu’on en rencontre quelqu’un,
on a raison de conclure qu’il est l’attribut de quelque substance,
et que cette substance existe. (principe 48)

53.
Que chaque substance a un attribut principal,
et que celui de l’âme est la pensée, comme l’extension est celui du corps.

Mais encore que chaque attribut soit suffisant pour faire connaître la substance,
il y en a toutefois un en chacune qui constitue sa nature et son essence,
et de qui tous les autres dépendent.

A savoir, l’étendue en longueur,
largeur et profondeur, constitue la nature de la substance corporelle ;
et la pensée constitue la nature de la substance qui pense.

Car tout ce que d’ailleurs on peut attribuer au corps présuppose de l’étendue,
et n’est qu’une dépendance de ce qui est étendu ;
de même, toutes les propriétés que nous trouvons en la chose qui pense
ne sont que des façons différentes de penser.

Ainsi nous ne saurions concevoir, par exemple, de figure,
si ce n’est en une chose étendue,
ni de mouvement qu’en un espace qui est étendu ;
ainsi l’imagination, le sentiment et la volonté
dépendent tellement d’une chose qui pense
que nous ne les pouvons concevoir sans elle.

Mais, au contraire,
nous pouvons concevoir l’étendue sans figure ou sans mouvement ;
et la chose qui pense sans imagination ou sans sentiment,
et ainsi du reste.

 

Tag(s) : #éducation, #marxisme, #rationalisme, #métaphysque, #Descartes

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