L'assassinat d'un chef d'État
et la fin du droit international
Par Fiodor Loukianov
Rédacteur en chef de Russia in Global Affairs,
président du Présidium du Conseil de politique étrangère et de défense
et directeur de recherche du Club de discussion international Valdaï,
sanctionné par l'Union Européenne pour propagande russe séditieuse.
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On peut avoir l'opinion qu'on veut sur la République islamique d'Iran, son idéologie ou son élite dirigeante.
Les raisons de la critique sont nombreuses, parfois sévères, mais un fait fondamental demeure : Ali Khamenei était le chef légitime d'un État membre de l'ONU, reconnu par la quasi-totalité de la communauté internationale, et un acteur légitime des relations internationales.
Cela incluait des négociations politiques en cours avec ceux qui ont finalement organisé l'attaque, négociations qui se sont poursuivies jusqu'au début des hostilités.
La destruction ciblée des dirigeants d'un État par un autre, dans le cadre d'une politique délibérée, marque une étape fondamentalement nouvelle dans la politique mondiale. Il ne s'agit pas d'un simple changement de régime. Même comparée aux fins brutales de Mouammar Kadhafi ou de Saddam Hussein, la différence est flagrante. Kadhafi a été tué par des opposants libyens dans un contexte d'effondrement interne ; Hussein a été exécuté à l'issue d'un procès mené par un tribunal irakien, aussi contestable soit-il.
Le cas de l'Iran est différent. Il ressemble à la méthode employée par Israël contre les dirigeants du Hezbollah et du Hamas : une élimination directe par la force extérieure, sans intermédiaires, sans cadre légal et sans prétexte de processus interne.
Ce qui est ici démantelé, ce sont les derniers mécanismes de régulation des relations internationales hérités des époques précédentes. Cette érosion étant progressive, nombre d'élites politiques perçoivent ces événements comme des manifestations certes brutales, mais compréhensibles, de rivalités géopolitiques.
Elles se trompent.
Brian Berletic nous explique très clairement pourquoi :
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Se fondant sur ces événements, les opposants aux États-Unis sont en droit de tirer deux conclusions évidentes.
Premièrement, négocier avec Washington est inutile. Les seules options viables sont la capitulation ou la préparation à un règlement par la force.
Deuxièmement, il n'y a plus d'échappatoire et plus rien d'important à perdre. Dans ces circonstances, tous les instruments restants, qu'ils soient littéraux ou figuratifs, deviennent légitimes.
Ces conclusions resteront valables quelles que soient les évolutions de la situation en Iran dans les prochains jours. Même si une version du modèle vénézuélien venait à se dessiner – une transition de pouvoir occulte destinée à satisfaire toutes les parties prenantes extérieures –, le mal serait irréparable. La méthode a été éprouvée. Le mécanisme permettant de renverser un gouvernement par la force et de le soumettre à un contrôle a été exposé au grand jour.
La résistance à ce modèle va désormais se durcir, et non s'atténuer. Elle deviendra plus déterminée, plus désespérée et potentiellement plus destructrice.
Dans ce contexte, il est peu pertinent d'invoquer le droit international, même par ironie.
En savoir plus :
Le djihad est-il imminent ? Que signifie la mort de Khamenei pour la région et le monde ?
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