Après le flop électoral de la gôgôche,
le big bang idéologique bobo

 

 Ce texte pompeux et verbeux est l’illustration parfaite, ou plutôt les illustrations avec l’affichage des bobines auto-satisfaites des premiers signataires, de ce que je m’étais proposé de mettre en lumière dans mes deux derniers bouquins.

À la fin de ce mois, le grand guignol de la gauche radicale va donc installer ses tréteaux dans un lieu où ces bouffon(e)s aisés vont pouvoir se sentir on ne peut plus à l’aise : un cirque localisé à la lisière du bois de Boulogne et des beaux quartiers. J’imagine déjà les bourgeois frémir à l’idée d’un voisinage aussi sulfureux, ne fût-il que temporaire.

 

 

Comme il fallait s’y attendre, l’émancipation (trois fois citée) constituerait l’horizon de cette conjuration des egos. Pourtant, c’est de ces derniers qu’il faudrait commencer par s’émanciper pour éviter que ce terme de plus en plus galvaudé parmi la «gôche-de-gôche» ne connaisse à son tour le sort funeste infligé à d’autres vocables à connotations progressistes (socialisme, communisme) par des imposteurs diplômés dont cette nouvelle vague de subversifs subventionnées s’apprête à prendre la relève, encore que nombre d’entre eux, les plus âgés (Étienne Balibar, Gustave Massiah, Yves Contassot, Jacques Bidet, Annie Ernaux…) ne fassent que se succéder à eux-mêmes. On y trouve aussi bien sûr l’indépassable et inénarrable duo Dardot-Laval, pour qui le «commun» doit supplanter le communisme comme idéal révolutionnaire. Le côté féminin, est bien représenté. Outre Mandarine Hautaine, aux commandes de l’opération, il bénéficie en particulier du concours d’un autre duo, celui formé par les «détricoteuses» Philaminte de Cocq et Armande Larrère, dont on ne saurait dire s’il est précieux mais dont le ridicule dans leurs prestations est assurément achevé. Manquent encore à l’appel des figures de proue de cette gauche bien pensante telles Frédéric Lordon, Bernard Friot ou Gérard Noiriel, mais cela ne saurait tarder. On y trouve déjà des personnalités bien en cour au Diplo, tels le journaliste Dominique Vidal ou les politologues Razmig Keuchayan et Philippe Arès. 

Tous se présentant comme des adversaires résolus du néo-libéralisme, manière pataude de dissimuler leur incompréhension ou leur allergie profonde vis-à-vis de l’anticapitalisme. Il est, au demeurant, symptomatique que dans cet appel à la mobilisation adressé toutes les composantes, y compris les plus décomposées, de que l’on persiste par habitude à appeler «la gauche», les anarchistes passent à la trappe. Il est vrai que les anarchoïdes de CQFD et de Lundi matin, Quadrupple-ânerie en tête, ne pourront guère rester longtemps sans s’agréger à la meute, sous peine d’une marginalisation insupportable pour ces adeptes autoproclamés du «refus de parvenir», nouvelle image de marque pour les rebelles de confort branchés.

 

Croire sur paroles, comme s’entêtent à le faire les jobards qui pullulent parmi leurs lecteurs ou auditeurs, ces gens qui prétendent concocter ex nihilo la «visée» et la «vision» censées extraire «la gauche» du marécage où des années de d’opportunisme et de compromission l’ont enlisée, reviendrait à confier la rénovation d’un parquet à des gens n’ont cessé de le rayer de leurs dents dans leur irrésistible ascension. Ne doutant de rien et surtout pas d’eux-mêmes, ils se font fort de repartir de zéro, comme si l’avenir dépendait d’eux, pour concocter «le nouveau modèle et le nouvel imaginaire» qui permettraint à «la gauche» hexagonale de reprendre son envol. À lire ou entendre pourtant les élucubrations intersectionnalo-escrologico-féministo-décolonialo-bobos émanant de certain(e)s d’entre eux(elles), c’est pourtant un zéro pointé qui devait les sanctionner.

 

 

Outre leur suffisance et leur soutien électoral sans faille à la deuxième droite, cette gauche institutionnelle dont ils déplorent aujourd’hui qu’elle soit «en miettes», un trait commun rassemble ces boutefeux de papier partis en guerre contre la droite et l’extrême droite : un même mépris pour les classes populaire, accusées de mal voter ou de ne pas voter. Le mot «peuple» brille d’ailleurs par son absence dans leur prose boursouflée, trop associé sans doute au courant politique qui a balayé les espoirs investis dans la dernière «consultation» électorale : le «populisme». C’est le nouveau spectre qui hante non seulement la vraie droite et la fausse gauche institutionnelles, mais aussi ces «capitalistes du savoir», comme les dénommait au début du siècle dernier le révolutionnaire polonais Jan Waclav Makhaïski qui avait vu leurs prédécesseurs à l’œuvre au sein des partis d’abord sociaux-démocrates puis communistes, pour que ceux-ci leur servent de marchepied vers le pouvoir. Le «big-bang» qu’ils se targuent de déclencher n’est pas autre chose en effet, que la fusée porteuse idéologique de leurs ambitions politiques. Le moins que l’on puisse souhaiter est qu’elle explose en vol. Mais gare aux retombées pour les chiens galeux qui ont refusé de rejoindre le troupeau !

 

Jean-Pierre Garnier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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