Explication de texte

de :

Karl MARX

Le Capital

Livre premier
 

Le développement de la production capitaliste

I° section : la marchandise et la monnaie

Chapitre premier : La marchandise
section IV

Le caractère fétiche de la marchandise
et son secret.


 

Le travail qui suit a consisté à relire un passage du Capital de Marx et le restituer sous forme d’explication de texte, quasi scolaire ; en le contextualisant et en le paraphrasant pour en expliciter le contenu quand cela semblait nécessaire ou utile. Ceci afin de le rendre accessible et de rendre sensible sa portée philosophique et scientifique pour tout lecteur ayant seulement quelques notions élémentaires et quelque intérêt pour les questions abordées par Marx, sans pour autant que ce lecteur néophyte ou aguerri ait en tête tout le corpus théorique de Marx et l’historique des débats philosophiques que cela présuppose. Cependant seuls les concepts et problématiques singuliers et propres à Marx sont expliqués et commentés à chaque fois que cela m’a semblé requis. Pour les reste le lecteur est invité à se référer aux dictionnaires qu’il a à sa disposition et au « dossier pédagogique » joint.

Ce dossier annexe est composé de quelques documents propédeutiques ou critiques qui devront sans doute être complétés par la suite :

Un extrait de la logique de Port-Royal qui donne des éléments fondamentaux sur les bases théoriques et conceptuelles de la métaphysique que réfère Marx, comme tous ses contemporains. Des fondamentaux issus de la « Révolution cartésienne » opérée sur la métaphysique scolastique et qui ont permis le développement de la connaissance des « modernes » depuis le 17ème siècle, mais qui sont souvent inconnus ou méconnus du lecteur (même universitaire) d’aujourd’hui, tant s’est dégradée l’instruction publique dans notre pays ces 50 dernières années. Ces présupposés théoriques sont pourtant indispensables pour pouvoir s’approprier le contenu ontologique revendiqué par Marx lui-même.

J’y ai joint deux contributions qui illustrent l’influence du texte de Marx sur notre modernité intellectuelle et idéologique mais qui sont surtout instructifs par « l’écart » que le lecteur pourra observer en les rapportant à ce qui les a inspirés.

Comme le courant de révision apocryphe et abusive de la pensée de Marx est hélas pléthorique et fait de strates successives accumulées, j’ai distingué une production typique, assez courte mais représentative de ces révisions de type « académique », consacrée à un contresens qui a eu une certaine fortune dans la glose post-marxienne : la réification. Cet article relativement condensé et synthétique donne une idée assez complète, y compris dans sa forme, de la pratique et des thématiques du « marxisme lénifiant » (comme dit mon petit camarade Garnier) tel qu’il s’est développé jusqu’à aujourd’hui dans son milieu d’élection : la classe moyenne et ses intellectuels tant organiques que spécifiques et singulièrement les clercs universitaires, les «radicaux esthètes », les « libéraux libertaires » et autres variantes de philistins contemporains .

Le deuxième document est une version PDF d’un livre qui fit date (en 1967), dont l’auteur Guy Debord revendiquait lui-même qu’il l’avait conçu comme palimpseste du passage du capital que nous allons étudier. « La société du spectacle » illustre un courant divergent de la postérité intellectuelle de Marx dans le Landernau intellectuel français. C’est la variante « artiste » et « rebelle érudit » qui a produit pas mal de figures de « subversifs » à ambitions politico-théoriques et qui parfois ont à proprement parler « fait école » et à ce titre exercé une influence sur les réceptions de Marx en France dans les milieux « esthètes » de la petite bourgeoisie intellectuelle. Depuis les surréalistes jusqu’aux situationnistes.

La qualité d’expression rhétorique de Debord ne tranche pas seulement avec la lourdeur du jargon académique qu’impose à Charbonnier à la fois son objet et son sujet elle atteste aussi du fait qu’à l’époque les « maîtres » non ignorants instruisaient encore efficacement nos élites petites bourgeoises des fondamentaux théoriques de la Philosophie. Singulièrement chez Debord on retrouvera donc l’acculturation raisonnée de Descartes, Hegel et Marx … mais aussi l’inanité « dialectique » des pratiques sociales et politiques « de classe » qu’elle a alimenté.

Je suis parti de la traduction que Marx lui-même a dûment validée et dont il a même fait l’éloge dans son « Avis au lecteur » :

« M. J. Roy s'était engagé à donner une traduction aussi exacte et même littérale que possible; il a scrupuleusement rempli sa tâche. Mais ses scrupules mêmes m'ont obligé à modifier la rédaction, dans le but de la rendre plus accessible au lecteur.

Ces remaniements faits au jour le jour, puisque le livre se publiait par livraisons, ont été exécutés avec une attention inégale et ont dû produire des discordances de style.

Ayant une fois entrepris ce travail de révision, j'ai été conduit à l'appliquer aussi au fond du texte original (la seconde édition allemande), à simplifier quelques développements, à en compléter d'autres, à donner des matériaux historiques ou statistiques additionnels, à ajouter des aperçus critiques, etc. Quelles que soient donc les imperfections littéraires de cette édition française, elle possède une valeur scientifique indépendante de l'original et doit être consultée même par les lecteurs familiers avec la langue allemande. »

Karl Marx

Londres, 28 avril 1875.

Avant d’aller plus avant, il est d’ailleurs fortement recommandé à celles et ceux qui ne le ne connaissent pas, de lire l’extrait de la postface (par Marx ) de la seconde édition allemande publié sur le site marxists.org  qui a librement diffusé cette version française « autorisée » du Capital.

Ce travail n’a pas d’autre visée ou prétention que de faire œuvre d’instruction publique marxiste, dans une perspective d’éducation populaire.


 

Viktor Yugov

 

AVERTISSEMENT :

Du fait de leur nombre et importance dans les premiers paragraphes, et pour faciliter la lecture critique, attentive à saisir le sens et la portée du texte, j’ai surligné une série de « mots clés » dans leur première occurrence dans ce passage du chapitre 1.

Certains sont des qualificatifs qui déterminent l’affirmation inaugurale, les autres énoncent et décrivent les positions théoriques fondamentales d’un chapitre dont la forme très déliée et élaborée stylistiquement masque la densité et la complexité métaphysique revendiquée... dès la deuxième phrase.

Dans la logique de l’exposé dialectique de la pensée de Marx les idées et les termes par lesquels elles s’expriment sont d’abord désignés et posés affirmativement, avant d’être démontrés par le déploiement de leurs déterminations contradictoires.

Dans le passage qu’il s’agit ici d’expliquer certains des « mots clés » font l’objet du développement d’autres renvoient à des chapitres ou sections qui précèdent où succèdent. Seuls ceux dont la pleine acception est indispensable à la compréhension du texte sont commentés, référencés ou explicités de manière argumentée.

 

 

Dossier pédagogique :

 

La réification chez Lukacs
par Vincent Charbonnier https://hal-ens-lyon.archives-ouvertes.fr/ensl-00762337v7/document

La Société du spectacle ( Guy Debord ) : http://parolesdesjours.free.fr/spectacle.pdf

  

La Logique de Port-Royal (extrait)  : http://data.over-blog-kiwi.com/1/44/00/64/20190317/ob_97c3bd_logique-de-port-royal-extrait-1-0.pdf

La logique de Port-Royal (extrait)

Tag(s) : #marxisme, #éducation, #fétiche

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