Comme pour "le jour d'avant" la réforme des retraites, les leaders des principales organisations syndicales patronales fusionnent leur projet pour le "jour d'après" la pandémie de résilience libérale.

CONVERGENCE DES LUTTES
VERS UNE FUSION DES SYNDICATS PATRONAUX ?

Accentuant ses magnifiques efforts  pour coller toujours plus à l'actualité en la produisant lui-même, le célèbre mécène résilient Bernard Arnault a invité dans les locaux de son journal deux de ses admirateurs qui se trouvent être les leaders des principaux syndicaux patronaux :

« Geoffroy Roux de Bézieux et Laurent Berger. Les patrons du Medef et de la CFDT ont débattu pour proposer leurs solutions face à la crise économique liée au coronavirus. » nous annonce son éditorialiste ajoutant même « Des idées dont voudra peut-être s’inspirer le gouvernement,».

L'éditorial précise cependant que ce dernier : « se prépare à affronter la contestation sociale, mise sous cloche ces dernières semaines.». Sous l'amicale pression de leur hôte et bienfaiteur, pour nos deux compère syndiqués il s'agit, comme pour "le jour d'avant", de fusionner leurs projets pour le "jour d'après" la pandémie de résilience libérale.

Dialogue social et déconfinement disruptif

L'affaire est donc complexe, ce qui explique que les deux partenaires aient pris soin d'échanger des gestes barrières en dépit leur grande proximité, encore renforcée dernièrement, à l'occasion de leur élaboration commune de la récente réforme des retraites.

CONTROVERSE
SUR LE TRIOLISME DE LA CFDT

À l'heure de la distanciation sociale, cette intime proximité suscite jalousies et controverses dans le petit milieu syndical. D'autant que cette belle connivence a les faveurs de Matignon qui tire un grand profit de l'ambiance constructive qu'induit le dialogue social apaisé qui en résulte. Ainsi la moquerie discourtoise de la CGT, l'organisation bien connue des milieux intersectionnels pour rouler au

diesel en pompe-sueur et fumer des gitanes sans filtre en claironnant des bluettes homophobes, a-t-elle suscité un tollé d'indignation des mêmes milieux, auquel se sont joint les organes de presse controlés par les principaux concurrents de Bernard Arnault .


Voir encadré :

«Police des moeurs
pour les uns,
Montage “odieux”
pour le Medef»

 

La branche "infocom" de la CGT a publié sur son compte Twitter un montage photo représentant une affiche de film, le titre: “Sado et Maso” avec dans les deux rôles principaux Laurent Berger et Geoffroy Roux de Bézieux. Un montage qualifié d'homophobe qui a suscité une vague d’opprobres et la réaction de nombreux militants indignés, et de pipoles un peu oubliés et désireux de regagner une visibilité, comme la militante féministe, Caroline de Haas, Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d’Anne Hidalgo, ou encore du porte-parole de Stop Homophobie. La section CGT InfoCom a réagi un peu plus tard, assurant que son message n’avait aucune visée homophobe et se contentant de donner une définition du BDSM: “Nous rappelons que le Sadomasochisme est une perversion sexuelle (pratiquée par des hétérosexuels ou des homosexuels) (...) dans laquelle l’excitation est obtenue sous l’action de douleurs physiques et d’humiliations (masochisme) et en infligeant des souffrances au partenaire (sadisme)”.
Le compte Twitter de la CGT Info a, peu après, de nouveau publié une autre vue de la même scène prise sous un autre angle, cette fois mettant en valeur non plus Geoffroy Roux de Bézieux, mais la ministre du Travail.

Voici une autre version. Diriez-vous qu’elle est « sexiste » ? Le débat est ouvert…”, commente la CGT Info’Com.

De son coté la CFDT a refusé de commenter les allusions au triolisme passif de l'organisation de Laurent Berger, que suggèrent ces révélations.

LA FUSION-ACQUISITION MEDEFDT
REMISE EN QUESTION?

En réalité il semble bien que cette affaire tombe assez mal pour Laurent Berger et son staff qui s'apprétaient à mettre la dernière main au dossier d'OPA amicale du MEDEF sur la CFDT; et qu'il devait donc présenter incessamment à ses petits porteurs adhérents. D'où la réunion avec Roux De Bézieux dans le cadre du comité de Projet "Jour d'Après", initialement développé sous le nom de code "Opération Barbarossetoi (toi d'là que j'm'y mette)", dont la "Phase 1" fut la réforme des retraites.
Mais c'était ... "Avant".

Cette fusion acquisition est pourtant soutenue par les pouvoirs publics qui en attendent l'émergence d'un grand pôle national de dialogue social constructif, conforme aux normes et prescriptions de Bruxelles visant à l'éradication de la lutte des classes. Dans les milieux financiers bien informés et les cabinets ministériels

on redoute désormais que la réalisation de la "solution finale" du problème social, mise en oeuvre depuis le début du quinquennat en marche, ne soit freinée ou entravée. Tout ça est d'autant plus facheux que la rencontre du parisien avait permis aux deux partenaires de peaufiner leurs propositions chocs pour relancer le débat sur le temps de travail, au monde d'Après.  Du coup, comme le signalait "les echos" dans le cadre de la promotion de ce nouveau monde d'Après, c'est l'Institut Montaigne qui va devoir reprendre «l'appel avorté du Medef. Le centre de réflexion libéral ne préconise pas un retour généralisé aux 39 heures mais liste plusieurs propositions chocs, comme la suppression de jours de congé ou l'extension des horaires des services publics.»

 

De notre envoyé spécial : Viktor Yugov
 

Tag(s) : #medef, #cfdt, #laurent berger, #social, #monde d'après, #cgt

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