Le libraire réfractaire de Pernety-Plaisance est venu témoigner, au micro d'Yan Amar, sur RFI, de la tentative continuée d'assassinat des livres et de la lecture par les pouvoirs publics, sous l'impulsion de la classe dirigeante, des ministères de tutelle et de leur bureaucratie :
 


L'assassinat des livres : Tropiques sur RFI par Tele14

L'Assassinat des livres
Par ceux qui œuvrent à la dématérialisation du monde

400 pages | 16 x 22 cm
isbn 978-29158309-9-6 | 25 euros

Cerné de toute part, le livre est sommé de rentrer dans l’ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du Web, géants de l’électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes œuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier » qui fait figure de fossile à l’heure où la culture numérique s’impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu – le marché de l’e-book peinant à s’imposer en France –, les acteurs de la chaine du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n’a pourtant pas besoin d’eux. Et ce, alors que les modes de lecture induits par le livre, au fondement de nos façons de penser et de nos manières d’être au monde, sont aujourd’hui en crise. Le livre, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos. Point d’ancrage, objet d’inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des flux incessants d’informations et de sollicitations, il est peut-être l’un des derniers lieux de résistance.

C’est ce que nous rappellent les libraires, bibliothécaires, éditeurs, auteurs, traducteurs et lecteurs, venus d’horizons divers, qui s’expriment dans cet ouvrage. Un peuple du livre, réfractaire aux illusions numériques, qui défend ce pour quoi il se bat au quotidien, à contre-courant des processus qui endommagent nos capacités de lecture, de contemplation, de réflexion, d’écoute et d’abandon esthétique, pourtant si nécessaires à la construction de soi et au bien-être collectif.

la « politique » du livre a déjà accompli ceci que :

  • il n'est presque plus possible de faire relier un livre en France;

  • l'essentiel des livres scolaires, entièrement financés sur fonds publics, sont désormais imprimés hors de France, et parfois... bien loin;

  • chaque mois des librairies indépendantes ferment du fait de la perte des marchés publics des bibliothèques locales, transformant progressivement leurs régions en friches culturelles;

  • les métiers du labeur, de la librairie, du papier, de l'imprimerie, du façonnage des livres ont perdu, du simple fait de la politique publique du livre, près de 50 000 emplois en 3 ans, évidemment sans aucune compensation dans quelque éphémère starteupe subventionnée;

  • inversement chaque fois qu'amazon crée un poste de précaire sous-qualifié et robotisé, c'est la perspective de destruction de 18 postes de libraires qualifiés dans le circuit des librairies indépendantes;

  • les éditeurs indépendants du fond littéraire, sont de plus en plus privés de textes à rééditer, de même que les libraires d'occasion qui assuraient une seconde vie aux ouvrages indisponibles;

  • le délabrement culturel, pédagogique et éducatif associé à la disqualification de la lecture prend une ampleur sans précédent;

  • etc.

 

L'assassinat de la lecture : Tropiques sur RFI
Tag(s) : #littérature, #politique, #social

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